Œuvres de Janne

Un petit épisode

Ce texte est basé sur mon article publié à  Rostra 1/2002, mais la part introduisant la traduction française du poème se trouve exclusivement à cette page. La version originale de l'article en finnois se trouve ici. Il y a également une version entièrement en latin

Tous les Finlandais avec connaissances de base sur la tradition académique du chant à boire, doivent connaître la chansonnette sur l'effet rafraîchissant de l'alcool éthylique (spiritus fortis), dont le préambule est traditionnellement un poème récité. Nombre de gens appellent ce poème « Chanson à boire d'Eino Leino »(1). Pourtant, « Les plus avertis » savent avec certitude que le poète serait, en fait,  V.A. Koskenniemi. Or, la vérité objective reste que l'auteur original est Heikki Asunta, dont le livre « De noir et d'or »(2), publié en 1929, contient ces verses nommées « Un petit épisode »(3). Toutefois, je dois ajouter que les récitants en général ont tendance à radoter un peu, sans trop respecter les détails du texte original. 

Inspiré par cette histoire, nous avons traduit le poème dans une session du club de français Chic. Malheureusement, je ne peux pas nommer tous ceux qui méritent propriété sur cet œuvre, car j'ai oublié qui exactement ont participé à la rédaction. En tous cas, nous étions bien nombreux. Voici le poème en français:

Ayant bu des semaines pleines,
Le pessimiste dans ses peines,
Pensa: « Sacré bleu,
Je m’en vais aux cieux ! »
Un bout de la corde dans ses soins,
S’en alla mourir dans le coin.

Or, les autres remarquant,
Un de leurs frères manquant,
Leurs cœurs affolés,
Se mirent à le chercher.
Au bout de la corde ils le trouvèrent,
Pendu sous le poids de ses misères.

Mais,
Un peu d’eau de vie
Revenir le fit,
En levant les verres tout haut
Ils se dirent : « au boulot ! »

Pour une version latine, imitant les traditions de la littérature romaine, j'ai plagié le thème mais j'en ai composé un nouveau poème. Donc, cet essai, à un mètre classique assez rare, n'est pas une véritable traduction, mais son action suit pratiquement l'exemple d'Asunta. Le lecteur sache que tout mot non classique, faut de grammaire ou rupture du mètre est bien intentionnel, mais toutefois, j'accepte volontiers les commentaires.

Epulisce vinolentiis habitis diutinis
sine cupiditate vitae dolorosus ebrius
reputavit ipse fervens: »Edepol! Sit ita satis!
Iam iam dolet quod egi, decedere cupio.»
Laqueumque calamitosum tenuit manu sua
moriturus ille repens adiitque ad angulum.

At cum simul notassent comites relicti ibi
numero ex abesse eourum socium repente eum,
ita creveratque summus dolor orduus malus
et ubi lateret is, sunt aperire nixi enim.
Tandem repertum amicis miseri est in angulo
frigidum cadaver. Is nunc ierat iam ad inferos.

Cum fortis esset illi spiritus bonus datus
simul excitavit ille et sine tristitate nunc
calicemque sustulit quem tenuit manu sua
ita dixit ille: »nobis nunc est bibendum ibi.»

Une deuxième option pour la strophe dernière, adaptée au chant:

Spiritu forte capto
simul excitato
tollens poculum suum
ait: »Nunc est bibendum!»

(1) en finnois « Eino Leinon juomalaulu »

(2) en finnois « Mustaa ja Kultaa » 

(3) en finnois « Pieni episodi » 

Janne Niemi

 

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