Universitas Helsingiensis

Une plus grande visibilité pour la Finlande grâce à l’Institut pour le Benelux

Une plus grande visibilité pour la Finlande grâce à l’Institut pour le BeneluxL’Institut Culturel Finlandais pour le Benelux (en néerlandais, Fins Cultureel Instituut) se situe au cœur de Bruxelles et est facilement accessible depuis le quartier des institutions européennes. Son nouveau directeur est Kalle Jämsén, qui a pris ses fonctions cet automne.

Kalle Jämsén a toujours été proche de l’Université de Helsinki : il y a étudié la musicologie dans les années 1970, en obtenant sa maîtrise en lettres et sciences humaines au début des années 1980. « Lorsque les activités des anciens élèves ont commencé à l’université au début des années 1990, j’ai tout de suite rejoint l’association. Je trouve que c’est une bonne chose qu’il existe une telle université à vocation généraliste dans le domaine littéraire et des sciences humaines. Les raisons historiques ont aussi pesé, après tout l’Université de Helsinki a été fortement associée à l’indépendance de la Finlande durant la période de l’autonomie », explique-t-il. « Je me suis retrouvé au conseil d’administration de l’association des anciens élèves, que j’ai présidée ; j’ai donc pu suivre les activités de l’université d’un peu plus près. »

Kalle Jämsén est directeur de l’Institut Culturel Finlandais pour le Benelux depuis le début de l’automne.

Le but du centre culturel finlandais du Benelux est de promouvoir la coopération culturelle, académique et scientifique entre la Finlande, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. L’Institut culturel organise des expositions, des concerts, des soirées littéraires et des conférences publiques. En outre, l’Institut diffuse des films finlandais, organise des forums de discussion et fournit des informations à propos des arts et de la culture finlandaise dans les pays du Benelux. L’Institut apporte également des informations sur les possibilités d’étude en Finlande et promeut une collaboration internationale entre universités.

« La façon dont la Finlande exporte son art a beaucoup évolué ces vingt dernières années, en devenant plus systématique », note Kalle Jämsén. « Il existe aujourd’hui des formations pour les managers du secteur artistique, des organisations pour promouvoir l’expansion culturelle, par exemple Music Export Finland ainsi que des centres d’information pour le théâtre, la musique et le cirque. »

« Dans le sillage de Sibelius, la Finlande a acquis la réputation d’un pays possédant une forte tradition musicale », poursuit-il. « On trouve désormais des imprésarios dans toutes les catégories, qu’il s’agisse de musique sérieuse ou populaire. Nos exportations sont empreintes de professionnalisme : les artistes et les groupes ne se produisent plus ici ou là dans une zone géographique donnée, les Finlandais font des tournées dans le monde entier. »

« Le rôle des instituts est de dénicher pour les artistes la place adéquate dans le continuum de leurs propres activités à l’exportation et d’apporter une valeur ajoutée. Ils doivent œuvrer en faveur du travail des artistes et faire en sorte que différentes portes continuent de s’ouvrir pour eux. Il est important de faire preuve de détermination », ajoute Kalle Jämsén. « Un débat public a eu lieu en Finlande pour savoir si l’exportation de l’art n’avait qu’une dimension mercantile. Les instances étatiques ont toutefois judicieusement répondu que tel n’était pas le cas : il existe des secteurs difficilement rentables commercialement, mais qui sont artistiquement de haut niveau et pour lesquels des modèles spécifiques sont recherchés. »

L’image de la Finlande se clarifie

Pour Kalle Jämsén, les efforts conjoints des instituts, des ambassades, des centres d’information de l’art et des agents devraient être coordonnés, pour éviter que tout le monde ne fasse la même chose sans être au courant de ce que font les autres. Il pense à cet égard qu’une grande évolution s’est produite au cours des vingt dernières années. « En Finlande, l’administration des affaires étrangères et le ministère de l’Éducation se sont trouvés et structurent en leur sein les tâches incombant aux ambassades et celles revenant aux instituts sur place. Il existe de nos jours un protocole de coopération dans lequel on convient de la répartition des tâches. » L’ambassade de Finlande à Bruxelles n’étant qu’à 150 mètres de l’Institut Culturel Finlandais, le dialogue est facile à établir. « Nous autres au sein de l’Institut sommes au service des artistes, en les représentant », insiste Kalle Jämsén. « Nous nous efforçons de nous occuper d’eux, en espérant par la même occasion clarifier l’image de la Finlande dans le pays en question, ce qui est précisément le résultat recherché par les affaires étrangères. »

Kalle Jämsén s’est souvent demandé ce que signifiait exactement la « clarification » de l’image de la Finlande. « Selon la définition du ministère des Affaires étrangères, elle consiste à présenter la culture finlandaise à l’étranger et à promouvoir par le biais de la culture la politique de la Finlande en matière économique et de sécurité. Mon interprétation est que lorsque l’art finlandais est présenté ici, nous donnons de la Finlande l’image d’un pays aux facettes multiples, dynamique et créatif. Nous renforçons la conception selon laquelle il existe dans le Nord de l’Europe une nation indépendante et originale, qui a sa place en tant que telle parmi les autres nations. Lorsque nous nous adonnons à notre action artistique, nous sommes comparés aux autres acteurs, que ce soit dans la musique ou les arts plastiques et visuels. Lorsque nous sommes visibles dans un groupe représentant l’avant-garde et la qualité, c’est selon moi précisément ce que nous recherchons. De cette manière, nous montrons que nous avons des gens créatifs et allant de l’avant. L’impression ainsi véhiculée est que s’il faut faire du commerce ou collaborer d’une autre manière avec ce pays, nous sommes des gens bien et avec lesquels c’est un plaisir de traiter. »

« Disons que l’art est un instrument dans la clarification de l’image de la Finlande », poursuit-il. « Du point de vue des artistes, il n’en est rien, pour eux l’art possède une valeur en soi. Les artistes doivent avoir leur liberté, sans avoir à penser que l’art est un instrument servant à autre chose. »

Depuis qu’il est en Belgique, Kalle Jämsén suit de façon très éclectique la vie culturelle, mais c’est de l’univers musical qu’il se sent le plus proche, ne serait-ce qu’en raison de son origine. « Les Finlandais n’ont aucune raison d’avoir honte », constate-t-il. « Nous avons tout lieu de garder la tête haute et de présenter au monde aussi bien des œuvres de création musicale que des interprètes. » Une difficulté réside selon Kalle Jämsén dans l’éloignement de la Finlande. En avion, le trajet ne prend qu’un peu plus de deux heures, mais mentalement, la distance est beaucoup plus élevée. On considère encore souvent la Finlande comme un pays assez exotique, où il fait froid, où la vie est chère, qui est infecté de moustiques ; bref, on le connaît souvent mal. Il y a cependant des exceptions et certains ont même une connaissance très détaillée de la Finlande.

Les spécificités de la Belgique transparaissent dans l’action de l’Institut

La bipartition de la Belgique se reflète aussi dans l’action de l’Institut. « La Finlande est une nation plutôt homogène et les Finlandais suédophones font partie intégrante de son paysage culturel. La situation est toute autre en Belgique », relève Kalle Jämsén. « Le pays est un État fédéral comprenant la Flandre, la Wallonie et Bruxelles. Il n’existe pas de ministre de la Culture au niveau fédéral, la Flandre et la Wallonie ayant chacune leur propre ministre, leurs propres programmes culturels et leurs propres communautés culturelles, déterminées en fonction de la langue. Pour l’Institut, cela signifie en pratique qu’il y a ici deux États de fait : nous traitons soit avec la communauté flamande, soit avec son homologue wallonne. Tout doit donc être fait en double. Il n’existe que quelques communautés artistiques, par exemple celles de l’opéra ou de l’orchestre national, dont on peut dire qu’elles sont belges. »

La situation est différente à Bruxelles, qui est la capitale de la Flandre, mais est francophone à plus de 90 %. Les Flamands comme les Wallons souhaitent se montrer à Bruxelles. « Mais Bruxelles regorge d’événements et la concurrence y est rude », précise Kalle Jämsén. « Comme Bruxelles est la capitale de l’Europe, tout le monde veut s’y faire un nom et y être vu. »

Les Pays-Bas et le Luxembourg rentrent également dans les attributions de l’institut pour le Benelux. Les Pays-Bas sont une nation plus homogène et unilingue, le Luxembourg étant quant à lui un pays plus facile en raison de sa petite taille. L’Institut ne compte que deux employés permanents travaillant sur les dossiers culturels, son directeur Kalle Jämsén et la responsable de la culture et de la communication Pia Maarit Kokko. Un renfort apprécié est constitué par la responsable administrative Katariina Kotka, qui travaille à temps partiel, et par les stagiaires des universités. Mais la zone couverte par l’Institut comprend plus de 25 millions de personnes et l’on y lit, écoute et regarde une multitude de journaux, radios et télévisions. « Il est absolument impossible de suivre depuis Bruxelles ce que se passe au quotidien pour tous ces gens », explique Kalle Jämsén. « Initier une telle masse humaine à la culture finlandaise constitue un challenge de taille. »

L’Institut dispose d’une collection impressionnante d’œuvres musicales et littéraires finlandaises. Mais par manque de ressources, il est impossible de maintenir une base de données systématique. « J’aimerais par exemple dans le domaine musical que tous les instituts aient une base où l’on puisse trouver toutes les musiques finlandaises exportables, de préférence classées par genre. On pourrait alors facilement proposer de la musique finlandaise aux organisateurs des différents événements. Ce serait un excellent outil et il n’y aurait plus besoin d’emmener avec soi des piles entières de CD », dit Kalle Jämsén. « Une version électronique serait également pratique pour présenter l’art finlandais, mais tout ceci pourrait déboucher sur la surabondance de l’information tant décriée. »

L’Institut organise régulièrement des cours de finnois. Il souhaiterait aussi accroître sa coopération avec le monde scientifique. « Je lancerais volontiers la balle dans le camp des communautés scientifiques », souligne Kalle Jämsén. « Il faudrait réfléchir à ce qu’on souhaite présenter, à ce qu’on souhaite étudier conjointement, aux thèmes qu’il faudrait aborder lors des séminaires. Mais l’impulsion doit venir de Finlande. Nous chercherons alors des endroits et des partenaires ici, et nous ouvrirons des portes. »

La question du financement constitue aussi un souhait qu’a Kalle Jämsén en direction de la Finlande. « Le budget dont disposent les 17 instituts scientifiques et culturels finlandais est resté au même niveau ces 4-5 dernières années. Comme les coûts sont en augmentation constante partout dans le monde, les possibilités d’action ne font que se contracter en pratique. »

La Finlande est une nation musicale de premier plan

« La Finlande jouit ici d’une renommée extraordinaire dans le domaine de la musique contemporaine », explique Kalle Jämsén. « Nous bénéficions sur le marché de la création musicale d’une visibilité totalement disproportionnée au regard de la population de la Finlande ; cette visibilité ne fait que croître sur le marché de l’interprétation, qu’il s’agisse de musique populaire ou sérieuse. Cet état de fait est par moment tout à fait déroutant. »

Agorafolly – une promenade artistique à Bruxelles

Àl’occasion du 50e anniversaire de la Communauté européenne, la 21e édition du festival culturel Europalia est organisée à Bruxelles du 3 octobre 2007 au 3 février 2008 ; l’ensemble des 27 pays membres de l’Union y participent et la Finlande y apparaîtra dans les domaines de la sculpture environnementale, de la danse et du cirque.

L’exposition Agorafolly reflète la culture des marchés et des places et est dédiée aux œuvres environnementales d’artistes de moins de 35 ans. Elle se déroule dans 27 places éparpillées dans toute la capitale belge. Les places ont été allouées par tirage au sort et le représentant finlandais Antti Majava s’est vu attribuer la célèbre Place des Martyrs, où il a bâti une œuvre environnementale. Son installation, qui prend position sur les plans culturels et historiques, présente la culture européenne des places et marchés telle qu’elle est vécue par un Finlandais. Le public a la possibilité de découvrir les œuvres d’art des places en se laissant guider par le parcours pédestre animé Agorafolly art walk. Il est possible de voir d’autres œuvres d’Antti Majava dans le cadre de l’exposition Agorafolly inside outside qui se tient au centre d’art contemporain Centre Electric jusqu’à la mi-janvier.

Comme son nom l’indique, Multidisciplinary est la partie la plus multidisciplinaire du festival: toutes les formes d’art y sont représentées, de la musique à la danse et du théâtre au cirque. Parmi les propositions faites par l’institut Culturel Finlandais, deux représentations ont été retenues par Europalia et ses partenaires locaux. L’une d’elles est Un Cirque plus juste, la nouvelle représentation de la première compagnie de cirque contemporaine en Finlande, Cirko Aereo. La compagnie est dirigée par Jani Nuutinen, un artiste de cirque formé en France. La représentation rend hommage aux traditions ancestrales du cirque : jonglerie, musique, tours de magie, sans oublier l’humour.

La seconde représentation finlandaise de la partie Multidisciplinary sera donnée les 18 et 19 janvier 2008 au célèbre Théâtre 140 ; elle sera constituée par des œuvres de la chorégraphe finlandaise Satu Tuomisto. Mirjami & Mikael est un duo pour une danseuse et un danseur, dans lequel elle aura comme partenaire Roger d’Olivier Mapp. La représentation est un portrait craché de la culture finlandaise, avec sauna, barque et questions relationnelles, le tout saupoudré d’humour noir.

Europalia donne une visibilité aux nouveaux secteurs artistiques

Pia Maarit Kokko, la responsable de la culture et de la communication à l’Institut pour le Benelux, considère le festival comme un excellent et fructueux moyen de mettre en avant l’art finlandais. Europalia insiste tout particulièrement sur le talent des jeunes, de sorte qu’il est plus facile aux « nouveaux » artistes d’accroître leur renommée internationale en venant ici. On a délibérément retenu pour représenter la Finlande des secteurs artistiques dans lesquels les Finlandais sont excellents, mais qui sont toutefois restés quelque peu en arrière-plan en Belgique.

La contribution de l’institut pour le Benelux a d’ailleurs été décisive dans les préparatifs du festival en ce qui concerne la Finlande. En dernier ressort, le programme du festival a été décidé principalement par l’organisation Europalia, mais l’Institut culturel a participé à la présentation et à la sélection des candidats en coopération avec de nombreuses institutions artistiques finlandaises.

www.europalia.eu

Événements à venir

De Filharmonie A Nordic Season – Focus on Finland

Pendant la saison 2007-2008 le Royal Flemish

Philharmonic – de Filharmonie se concentre sur la musique du Grand Nord. Les compositions magistrales de Sibelius, Grieg, Gade, Nielsen et d’autres compositeurs scandinaves jouent un rôle de premier plan dans les programmes de concert. La musique contemporaine n’a pas été oubliée non plus. D’innombrables chefs d’orchestre et solistes scandinaves sont également invités par l’orchestre.

Sibelius Happening

Le compositeur central du Composer’s Happening (un jour complet avec la musique symphonique, la musique de chambre et la musique vocale d’un seul compositeur) dans la salle Anversoise de Singel du 16 mars 2008 est consacré à Jean Sibelius. Jorma Panula dirigera le Royal Flemish Philharmonic – de Filharmonie à cette occasion. Avec la

Philharmonie de Turku une commission commune à été donnée à Kalevi Aho pour un concert pour hautbois et orchestre. Les deux orchestres exécuteront ce nouveau morceau avec Piet Van Bockstal, hautbois solo du Royal Flemish Philharmonie, comme soliste.

Fins Cultureel Instituut voor de Benelux

Het doel van het Fins Cultureel Instituut voor de Benelux is het bevorderen van de culturele samenwerking tussen Finland en België, Nederland en Luxemburg. Dat gebeurt door het organiseren van tentooonstellingen, concerten, ontmoetingen met schrijvers, filmvoorstellingen en discussieforums en het ondersteunen van gezamenlijke projecten van kunstenaars uit Finland en de Benelux. Het instituut geeft ook informatie over opleidingen in Finland en bevordert de samenwer-king tussen scholen en universiteiten in Finland en de Benelux.

Het instituut is gelegen in het hartje van Brussel, België. Het instituut organiseert evenementen in de Benelux en doet dat in nauwe samenwerking met plaatselijke culturele instellingen. Het instituut heeft zijn eigen internationale bibliotheek, die ook een grote collectie CD’s omvat.

Het instituut is lid van EUNIC, de koepelorganisatie van nationale culturele instituten in Brussel.

FINS CULTUREEL INSTITUUT, INSTITUT CULTUREL FINLANDAIS
20 rue de Luxembourgstraat, B-1000 Brussel-Bruxelles
Tél. +32 2 513 0941, fax +32 2 513 1241
e-mail: info@finncult.be, internet: www.finncult.be

Soila Kaivanto-Juhola

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