Universitas Helsingiensis

Une année d’échange à Paris: un tremplin pour une carrière internationale

Une année d’échange à Paris: un tremplin pour une carrière internationaleSaija Heinonen, 31 ans, a obtenu un mastère en sciences de l’éducation à l’Université de Helsinki et travaille actuellement comme éducatrice en environnement dans le groupe « Ozone » du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) à Paris. L’organisation a son siège à Nairobi, mais elle a aussi des branches à Paris et à Genève. Saija consolide un matériel pédagogique ayant pour mission d’expliquer aux enfants l’importance de la protection de la couche d’ozone et la nocivité du rayonnement ultra-violet.

L’atmosphère dans les organisations des Nations Unies est naturellement très cosmopolite. Juste avant notre entretien, Saija revenait d’un congrès international sur la sensibilisation à l’environnement en Afrique du Sud.

Étudiante dans un programme d’échange à Paris

« Lorsque j’ai commencé mes études à l’université, j’ai tout de suite décidé que je partirais en échange. J’aurais bien sûr pu opter pour un pays anglophone, mais ce n’était pas mon premier choix. Je ne parle pas un mot d’allemand, tandis que j’avais étudié le français cinq ans à l’école – et tout oublié en pratique. Je ne voulais pas que ces cinq années ne servent à rien et j’ai donc décidé de me remettre à niveau en français », explique Saija.

« À Paris, je me suis retrouvée dans une université assez libérale, Paris VIII, où les enseignants fumaient même dans les salles de cours. Ma première impression était plutôt confuse, rien n’était très structuré et même dans les cours, les objectifs étaient parfois un peu flous. L’ambiance était très différente de celle des universités finlandaises, à commencer sur le plan visible, car la majorité des étudiants étaient originaires d’Afrique du Nord.

En France, on critique beaucoup le fait que l’université rejette chaque année de nombreux étudiants en raison de leurs mauvais résultats. Tout le monde peut entrer à l’université, mais arriver jusqu’au diplôme dépend de l’assiduité et des mérites de chacun », souligne Saija.

Les universités françaises ont abandonné la sélection à l’entrée après les émeutes de mai 1968. Cette approche égalitaire n’est cependant qu’apparente, car les véritables élites du pays sortent aujourd’hui quasi-exclusivement de ce qu’on appelle les grandes écoles, auxquelles on ne peut accéder que par des concours extrêmement sélectifs. »

En raison du nombre élevé des étudiants, la vie sociale dans les universités est relativement limitée, il n’y a pratiquement pas de vie associative. « Dans mon université, seules quelques activités sportives étaient organisées. »

L’entrée dans la vie active

Selon Saija, on établit en France une stricte hiérarchie entre les établissements. « Deux candidats par ailleurs de même valeur seront départagés en dernier ressort par l’établissement dont ils sont issus. En ce qui concerne les universités, cette hiérarchie n’est pas aussi prononcée que dans les grandes écoles. Toutes les universités n’ont toutefois pas la même réputation et un diplôme obtenu à Clermont-Ferrand n’aura pas la même valeur sur le marché du travail qu’un diplôme parisien.”

« Je me suis efforcée de m’orienter en premier lieu vers un domaine combinant mon expérience professionnelle précédente dans la communication et mes matières mineures, à savoir la sensibilisation à l’environnement et l’éducation des médias. Il n’y a pas énormément de postes dans ce secteur, mais je pense qu’être originaire d’un pays nordique constitue un atout en France, car les pays nordiques sont considérés comme des pionniers en matière de développement durable. »

Saija a aussi constaté que la situation générale sur le marché de l’emploi est très mauvaise en France. Elle connaît de nombreux étudiants, y compris des Français, à qui il a fallu jusqu’à un an pour obtenir un travail après l’obtention de leur diplôme.

Il est extrêmement difficile d’intégrer une organisation internationale telle que les Nations Unies. Les stages peuvent selon Saija constituer un moyen efficace de mettre un pied dans l’entrebâillement de la porte.

« J’ai moi-même obtenu mon CDD actuel grâce au stage de trois mois que j’avais effectué ici à l’automne dernier. Il est relativement facile d’obtenir une place de stagiaire non rémunéré, mais décrocher un CDI est beaucoup plus ardu – il y a toujours une foule de postulants. »

Le Club franco-finlandais aide les nouveaux venus à Paris

Saija a joué un rôle actif au sein de l’association des étudiants finlandais habitant à Paris, le Club franco-finlandais. Saija était trésorière du Club durant sa première année à Paris, puis vice-présidente la deuxième année et actuellement présidente.

Saija pense que le Club favorise l’intégration des Finlandais en France en leur donnant des conseils pratiques et en faisant découvrir aux Français la culture et les traditions finlandaises. « Le Club organise de nombreux événements tout au long de l’année, par exemple pour le premier mai et pour la fête nationale finlandaise. Nous organisons aussi une fête avant Noël ainsi que des excursions vers des lieux dignes d’intérêt. Nous avons par exemple en dernier lieu visité une exploitation viticole champenoise à Reims », indique Saija. « Pour les nouveaux venus en France, ces événements sont une bonne occasion de rencontrer d’autres Finlandais, s’ils sont fatigués de parler français et anglais ou s’ils souhaitent seulement se retrouver entre compatriotes. »

Mikko Ruotsalainen

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