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Les Finlandais Maîtrisant le français
Exercent des fonctions très variées

Leena Itkonen

 

L'Université de Helsinki et la fédération des associations France-Finlande ont célébré la Journée mondiale de la francophonie en organisant à l’université les journées de la langue française, durant lesquelles a été mise en valeur l’importance du français dans les différents domaines de la société finlandaise. Un des objectifs de ces journées était de montrer en quoi l’étude du français à l’Université de Helsinki a pu influer sur les choix de carrière. Eija Raitala a parlé de son travail en tant qu’enseignante de français avec les collégiens. Le caractère changeant de son travail en représente selon elle le meilleur côté : « Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. On a besoin d’une bonne dose d’humour et il y a suffisamment de défis à relever dans le français. En expliquant aux élèves la différence entre le passé composé et l’imparfait, je leur ai demandé de traduire en finnois la phrase “Nous avions peur”, ce qui a donné “pelkäämme lentokoneita” (les avions nous font peur) ! »

Lors des débuts de l’UE, il y avait peu de Finlandais maîtrisant le français. Sini Sovijärvi a exercé pendant 4 ans comme interprète simultanée à la Cour de justice de la CE. Elle a pris ses fonctions au moment de l’accession de la Finlande à l’Union européenne. « À cette époque, au début, tous les termes n’existaient même pas en finnois. Il fallait parfois une longue phrase en finnois pour traduire un mot français », se souvient S. Sovijärvi. Au début, il y avait très peu de fonctionnaires connaissant le français à venir de Finlande. « Tout s’est passé si vite. On a bien essayé de se tirer d’affaire avec l’anglais, mais au bout de quelques mois, tout le monde suivait des cours de français. Aujourd’hui, leurs connaissances linguistiques sont déjà tout autres. »

Le français élargit les perspectives

Antti Närhinen est actuellement administrateur principal au ministère du Travail. Il est sorti du département de philologie française en 1998, en se retrouvant au début au chômage. « L’avenir semblait incertain, mais ensuite la présidence finlandaise à l’UE s’est profilée et l’administration a soudain dû faire face à une pénurie aiguë de personnes maîtrisant le français. Ma matière principale était devenue un atout », explique A. När-hinen, que l’on a rapidement convoqué au ministère du Travail pour un entretien d’embauche. Il a été surpris du nombre de missions liées au français qui lui ont été assignées : « Avec l’UE, il n’y a pas un ministère où l’on ne trouve pas de missions internationales. L’UE comporte beaucoup de pays francophones. Lorsque les papiers en français arrivent au dernier moment, ils transitent toujours vers les collègues par mon intermédiaire », constate A. Närhinen qui, en dépit de son ancienneté réduite, rédige déjà les lettres en français du ministre.

Juhani Tolvanen est éditeur de bandes dessinées. Selon lui, il est impossible d’exercer ce métier sans connaître le français : « Le français et la bande dessinée sont inséparables », fait observer J. Tolvanen, en proposant que le département de philologie française considère le recours à des bandes dessinées, parallèlement aux œuvres littéraires, lors de l’examen d’admission. En tout cas, la traduction des bandes dessinées requiert toujours de bonnes connaissances culturelles : « Il faut faire attention à chaque phrase, toujours susceptible de recéler une référence culturelle ou des pièges que l’on ne voit pas immédiatement. » D’une manière générale, J. Tolvanen conseille vivement l’apprentissage des langues : « Les langues élargissent les perspectives. Si l’on ne connaît que le finnois, le suédois et l’anglais, on est un peu borgne. »