Une mémoire sélective?
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Une mémoire sélective?
Plusieurs scénarios possibles, nous en avons choisi deux
Première version
Je monte les escaliers d'Uusi Ylioppilastalo quatre à quatre, je suis en retard, je pose mon manteau au vestiaire et fais mon entrée...
Des regards se tournent vers moi, je ne sais pas où m'asseoir. J'essaie de repérer les visages familiers. Personne. J'essaie de sourire. Difficile.
Les "deuxième année" me montrent où m'asseoir. C'est ici que tout commence.
On m'apporte un verre contenant un liquide à l'aspect plutôt étrange et
il faudrait que j'en découvre le vignoble d'origine. La première épreuve me laisse croire que ce petit bizutage ne va pas être simple. Le verre est rempli d'au moins 70% d'une boisson gazeuse sucrée (est-ce du Sprite ?).
Je n'ai pas le temps de finir mon verre, et il faut déjà faire des groupes. Chacune devient un numéro. Mais je ne suis pas un numéro ! Les groupes se forment, à côté de moi, certaines se sont transformées en oeufs de Pâques, unité du groupe oblige...
Déguisées aux couleurs de la France, nous partons pour l'aventure dans la nuit froide de Helsinki. Nous nous dirigeons vers Esplanadi où deux bizuteurs nous attendent. Avant de nous expliquer les règles du jeu, les deux charmantes jeunes filles nous
tendent une bouteille dans un sac en papier. Je bois une gorgée de cette boisson inconnue, l'oesophage et l'estomac me bržlent. Les Finlandais ne font pas les choses à moitié !
Maintenant il s'agit de lancer des boules de pétanque dans un sac. Heureusement elles ne sont pas trop exigeantes, le style est libre.
Finalement nous ne nous en sommes pas si mal sorties. Cinq boules sont entrées dans le sac. Elles nous remercient et nous repartons, direction Kaisaniemenkatu. Après avoir rempli une grille de mots croisés si chers aux grand-mères. Nous marchons vers
Uusi Yo-talo.
Je ne mourrai pas de soif ce soir; sur la table nous attend une bouillie
liquide qu'il faut avaler le plus rapidement possible. Je mange comme un petit cochon, mais l'épreuve n'est pas finie. Il faut traduire les paroles d'une chanson connue, trop connue,
et en faire une choréographie. C'est un désastre, mais qu'importe !
Les différentes épreuves terminées, nous nous retrouvons tous dans la grande salle où nous nous étions quittées. Nous échangeons nos impressions. L'ambiance est plutôt détendue.
Il se fait tard et il faut partir. Nous ne voulons pas nous séparer tout de suite, et certaines décident de continuer la soirée dans un bistrot du coin. Je ne pensais pas que ce serait si difficile.Tout le monde n'a pas encore atteint ses 20 ans. On ne
peut pas toutes entrer. Faut-il vraiment avoir 24 ans pour bouger librement à Helsinki ?
Je me résigne. Finalement je n'ai pas perdu ma soirée. J'ai dans la poche le numéro de téléphone des bizuts qui avaient l'air sympa. Je les appelerai sans doute dès demain.

Deuxième version
Dans la grande salle d'Uusi Yo-talo, je retrouve mes amies autour d'un verre de vin. Elles sont déjà toutes là; j'étais en retard. Bientôt le programme commence. Nous sommes séparées en groupe. Nous nous munissons du papier crépon tricolore et commenìons
à préparer les décorations qui feront de nous un groupe à part entière. Notre groupe s'appelle "Les Belles des champs". Fin prêtes, nous partons vers le lieu indiqué par les aönées. Au café de l'Atelier, deux types nous accostent. Que nous veulent-ils ?
Je n'en ai aucune idée mais nous n'avons pas le temps de nous arrêter plus longtemps. Après avoir tourné quelque temps dans le café, nous trouvons finalement les bizuteurs. Ils nous donnent des phrases d'argot incompréhensibles. J'ai passé un an en France
comme jeune fille au pair, mais les enfants ne m'ont jamais parlé comme ìa. Sans grande conviction, nous inventons rapidement une traduction. Les bizuteurs ont l'air de s'amuser, le sourire aux lèvres ils nous indiquent l'étape suivante, le restaurant
Sant
Ce petit tour à Helsinki nous a ouvert l'appétit. Le coctail est bon et j'en abuse...Mon verre à peine vidé, on m'en resert un autre puis un autre.
Oh ! mais c'est à notre groupe de monter sur scène. Je crois que nous nous sommes plutôt bien débrouillées. Les gens ont l'air d'avoir aimé, en tout cas ils applaudissent. Après la distribution des prix, c'est au tour d'Anna A., commissaire général de
l'organisation Bouffe, de prendre la parole. Agenouillées, nous répétons sans comprendre des paroles en ancien franìais. Je crois avoir juré fidélité et respect à "Bouffe" (???!) et désormais on ne m'appellera plus "BIZUT" ! La soirée a continué bon
train jusqu'au petit matin. Seule, à quatre heures du matin dans les rues de
Helsinki j'avais un peu de mal à retrouver le chemin de chez moi. Une
mémoire sélective? Plusieurs scénarios possibles, nous en avons choisi deux.
Lea De Chalvron et Anna Ripatti